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86-209
DC, 3 juillet 1986
Délai de vote - principe
d'égalité devant l'impôt - mesures nouvelles
contenu des lois de finances - dette publique
charges permanentes de l'État - opérations
de trésorerie
Les
règles de procédure législative prévues
à l'article 47 de la Constitution sont applicables,
non seulement, à la loi de finances de l'année,
mais également, aux lois de finances rectificatives.
Si l'Assemblée nationale dépasse le délai
de 40 jours pour se prononcer en première lecture
mais qu'elle n'est pas dessaisie par le Gouvernement et
adopte le projet après 40 jours, la procédure
n'est pas considérée comme inconstitutionnelle
dès lors que le Sénat a pu disposer de son
délai constitutionnel pour statuer en première
lecture.
Une atteinte au principe d'égalité devant
l'impôt est admise qu'à la condition que les
personnes bénéficiaires d'une " amnistie
fiscale " soient définies de manière
objective et que les modalités retenues limitent
les effets de cette mesure à l'apurement des irrégularités
antérieures à son entrée en vigueur.
Dans le cadre des crédits supplémentaires
ouverts par la loi de finances rectificative, l'obligation
d'un vote par titre et par ministère ne s'impose
que pour les seules mesures nouvelles mais il n'en va pas
de même s'agissant d'annulation de crédits
ouverts par la loi de finances initiale au titre des services
votés et des mesures nouvelles.
La réduction de 4 ans à 3 ans du délai
de reprise ne méconnaît pas le principe d'égalité
devant la loi puisqu'il concerne l'ensemble des contribuables.
En revanche, porte atteinte à ce principe une disposition
qui aboutit à traiter différemment au regard
de l'exercice par l'administration fiscale de son droit
de reprise des contribuables qui peuvent être placés
dans des conditions quasiment identiques.
La mesure qui prévoit la mise à disposition
de crédits au questeurs du Conseil Paris et du Conseil
régional d'Ile-de-France n'a pas sa place dans une
loi de finances car son objet y est étranger.
Si les intérêts de la dette publique doivent,
en tant que charges permanentes de l'État, figurer
dans le titre consacré aux charges de la dette publique,
en revanche, les remboursements contractés par l'État,
qui sont des opérations de trésorerie, n'ont
pas nécessairement à être retracés
dans un titre déterminé du budget et peuvent
être pris en charge par un organisme autonome, dès
lors du moins que les opérations effectuées
par cet organisme sont soumises au contrôle du Parlement
à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances
de l'année.
Texte
intégral de la décision
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