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88-250
du 29 décembre 1988
Loi de finances rectificative pour 1988
Rétroactivité fiscale
- contenu des lois de finances
Par
exception aux dispositions de valeur législative de
l'article 2 du Code civil, le législateur peut, pour
des raisons d'intérêt général,
modifier rétroactivement les règles que l'administration
fiscale et le juge de l'impôt ont pour mission d'appliquer.
Toutefois, l'application rétroactive de la législation
fiscale se heurte à une double limite. D'une part,
conformément au principe de non-rétroactivité
des lois répressives posé par l'article 8 de
la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
elle ne saurait permettre aux autorités compétentes
d'infliger des sanctions à des contribuables à
raison d'agissements antérieurs à la publication
des nouvelles dispositions qui ne tombaient pas également
sous le coup de la loi ancienne. D'autre part, l'application
rétroactive de la loi fiscale ne saurait préjudicier
aux contribuables dont les droits ont été reconnus
par une décision de justice passée en force
de chose jugée. Dans le même sens, 223 DC.
Une mesure qui a pour objet d'étendre la procédure
d'opposition administrative n'a pas sa place dans une loi
de finances car elle ne concerne pas directement des ressources
et des charges de l'État, elle n'a pas non plus pour
but d'organiser l'information et le contrôle du Parlement
sur la gestion des finances publiques ou d'imposer aux agents
des services publics des responsabilités pécuniaires
et elle n'a pas davantage le caractère de disposition
d'ordre fiscal. Il en est de même s'agissant d'une disposition
qui tend à faciliter le recouvrement de produits non
fiscaux des communes, des départements, des régions
et des établissements publics locaux.
Texte
intégral de la décision
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